Un mot à trouver ?

lundi 21 juin 2021

Dans les vieux grimoires ...

Début 2021, la Municipalité a fait numériser par l'association Brozer-Téléarchives plus de 30 000 pages des archives communales antérieures à la Révolution, notamment les délibérations consulaires et les compoix (anciens cadastres).
Ces documents sont visibles sur le site Internet de l'association (ici) et seront bientôt, je l’espère, accessibles à la Médiathèque et/ou sur le site Internet de la Mairie.

Ces manuscrits ne sont pas toujours faciles à lire ; à l'époque, on n'écrivait pas comme maintenant ... Et il peut y avoir des abréviations un peu "hermétiques" ...
Quelque pratique de ce qu'on appelle la paléographie est parfois nécessaire, mais on finit par y arriver.

Et on y trouve la petite, et parfois la grande, Histoire de nos anciens élus qui, visiblement, avaient les mêmes soucis financiers et matériels que ceux d'aujourd'hui ...

* * * * * * * * * *

Pour l'anecdote,  l'article 30 (sur 36) d'un "bail de travaux" attribué en février 1770 à Jacques JULLIAN, maître-paveur de Claret : "Il sera fait au banc de MM. les Consuls qui est dans l’église un tapis de drap vert de Lodève ...".
Tout est détaillé : seront couverts le siège, le dossier "jusqu’au haut" et les accoudoirs "par-dessus et par-dehors"... "jusqu’au dossier du banc du Valet de Ville" ; et y seront brodées, "en bosse avec de la soie", des fleurs de lis doubles et les armoiries de la Ville. Même l’écartement à respecter entre les "petits clous jaunes" pour "arrêter la tapisserie" est précisé : 6 lignes, soit ± 1,35 cm. ... Mais les consuls pourront choisir la couleur de la soie …
Et sera aussi fait un portillon, fermé par une serrure à clef, à chaque extrémité du banc.

On peut en déduire que, dès avant ce temps, les consuls de Calvisson, les conseillers et notables, et vraisemblablement la plupart des habitants du village, par obligation, discipline, fidélité ou conviction, avaient pour habitude de participer au culte dans l’église.

À cette époque (Louis XV), nous n'étions pas en République laïque mais en Royauté catholique.
Or la tradition locale veut que, dès l'implantation de la Réforme en Vaunage, vers 1560-70, la "Communauté et Consulat" de Calvisson ait été administrée par des conseillers et consuls "faisant profession de la Religion Prétendue Réformée".

La répression était devenue certes moins rude que dans les années 1690-1720. Mais peut-on imaginer que le prêche protestant ait été fait dans l’église Saint-Saturnin, alors même qu’un curé y était attaché ?
Ou bien les consuls, pour conserver leur statut de "notable" et peut-être même préserver l'existence de leur institution, voire pour se préserver eux-mêmes, se comportaient-ils en "nouveaux convertis" ?
En ces temps alors plus difficiles que ceux d'aujourd'hui, il était indispensable de s'adapter aux circonstances.

Ou alors ... Y aurait-il eu des conseillers, voire des consuls, catholiques ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci pour votre commentaire ; un délai avant la publication est possible.